Lead Guitar, Stratocaster Passion...

Comme beaucoup d’adolescents nés dans le Baby Boom, je n’échappe pas la folie Yéyé, qui s’empare de nous tous, au début des Années 60. Même si je n’avoue avoir été que moyennement Fan des formations et des chanteurs Français, c’est surtout à cause des SHADOWS et de leur mythique timbre de son que j’ai autant flashé sur cette époque.

Avec la complicité de trois copains, nous rêvons immédiatement, courant 1961, de constituer un groupe instrumental composé seulement de deux guitares et d’une batterie.

Ne me demandez pas pourquoi chacun de nous trois a pris naturellement sa place au sein du groupe, mais toujours est-il que la fonction de soliste à la Hank Marvin m’est de suite revenue ! A cette époque héroïque, Serge Audebert, un copain d’école élémentaire, tient la batterie, et Jacques Mazzoleni la guitare rythmique à la Bruce Welch. Les cancres changeant souvent d’établissement, Jacques nous présente, au début de l’année scolaire 1963, un certain Daniel Lavollée qui a depuis cet instant, remplacé à la basse, Jean qui n’était là que de temps en temps car la fonction ne l’intéressait guère. Serge, Jacques, Daniel et moi continuons à jouer la musique des SHADOWS jusqu’en 1965.
Puis, chacun a ses obligations professionnelles ou estudiantines, et même si nous jouons encore par intermittence, le groupe se dissout en 1967. Etant, grâce à mon père (directeur de la société Magnétic France), bercé par le domaine de l’électronique B.F. depuis ma plus tendre enfance, mes études supérieures s’orientent logiquement dans ce domaine. Et au début des années 70, je travaille à temps plein au sein de l’entreprise paternelle. Magnétic France produit alors des tables de mixages, des amplis HiFi et sonos, des magnétophones, des chambres d’écho et de réverbération, ets…

  A la même époque, mon copain Jacques Mazzoléni émigre aux USA. Comme les souvenirs et les passions de jeunesse ne s’effacent vraiment jamais, nous décidons en Mars1978, d’abord en complément de mon boulot, de créer, à nous deux et à Paris, un département au sein de Magnétic France consacré aux Guitares Américaines Vintage. En 1978, aux USA, le marché local de ces instruments anciens commence à se développer sérieusement. Fender, Gibson, Rickenbacker, Gretsch et Martin sont des marques que le tout monde connaît au moins de nom et de renom. Comme Jacques est sur place, il peut voir, choisir et faire un tri dans ces guitares d’occasion tandis que moi à Paris, je le guide dans ses achats par rapport aux demandes qu’on me formule.

Dès lors, tous les espoirs de prospérité et de passion commune, jusque-là inassouvis à propos de ces guitares américaines, sont permis. C’est ainsi que notre nom de guerre pour le business  qui vient de se créer est GUITAR EXPRESS. Il parait que ça sonne très bien en Anglais 

 

 

 

Le comble du bonheur se réalise très rapidement après la création de Guitar Express Vintage.En Décembre 1978, je reçois un coup de fil de Jacques, tout excité qui me dit : « Devine ce que je viens de trouver ? Une Stratocaster Fender Fiesta Red de 1958, identique au modèle que Hank Marvin arbore sur la pochette de leur premier 30 Cm. Le prix est de 1500 $. C’est super cher, mais je vais l’acheter quand même ». (Quand on pense que la même guitare, vu sa rareté, dans le même état de conservation, coûte aujourd’hui un minimum de 30 000 $... Ca fait rêver !) Maintenant question… Devinez à qui je l’ai revendue (malgré le fait qu’on devait la garder) deux ans plus tard, en Décembre80 à Paris ?  A Hank Marvin lui-même ! Le plus grand pied qu’on ait jamais pris !

Grâce à la vente de cette Fender Stratocaster à mon guitar hero, de nombreux coups de téléphone de fans Français des Shadows me sont parvenus. Je fais la connaissance de nouvelles personnes devenant, pour certains, de nouveaux amis, et Guitar Express en tant que groupe à la méthode Shadows se reforme

 

A suivre...